Observatoire économique des activités équines – 2019

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Pour cette édition, nous avons réussi à collecter un plus grand nombre de dossiers à fin de proposer une analyse plus complète, et ceci dans plusieurs activités professionnelles retenues pour ce nouvel observatoire économique qui reprend les exercices comptables 2017 et 2018.
Nos données confirment avec cette nouvelle publication, que l’activité « centres équestres » est toujours tendue, puisque l’excédent brut d’exploitation sur le total des produits ne représente que 22 %, et, que seuls les centres équestres dont les ETP sont supérieurs à trois, retirent de leur activité des prélèvements privés à hauteur de 1 000 € par mois en moyenne.
Les éleveurs et les éleveuses de chevaux de sport qui sont retenus dans ce groupe sont en activité principale « élevage » et sont toujours à la peine pour réaliser un résultat positif puisque l’EBE sur produit ne représente que 4 % du total des produits. Même si les prix moyens des chevaux achetés en France sont en hausse, seul le quartile supérieur tire un peu son épingle du jeu.
Les éleveurs et les éleveuses de galopeurs s’en sortent plutôt bien par rapport à l’ensemble des activités équines, et les ventes aux enchères de galopeurs ont connu une année favorable en 2018 pour les foals. Et même si le taux d’endettement augmente de 7 points, les annuités sont assurées et il reste du disponible pour les prélèvements des chefs et cheffes d’entreprises. 

Centres équestres – échantillon total :

215 dossiers ont été retenus pour le groupe des centres équestres avec des produits de 139 000 €, stables par rapport à l’année passée. Ces produits sont composés de 94 560 € de licences, leçons d’équitation, enseignement et stages, mais aussi d’un peu plus de 36 000 € de pensions, soit 26,50 % du total des produits.
Le centre équestre moyen présente un modèle type à 2,20 ETP avec un.e salarié.e sur l’entreprise, et un peu plus de 17 hectares en moyenne. L’excédent brut d’exploitation (EBE) est en légère augmentation de 1 700 € entre les deux années, suite à une baisse des autres charges opérationnelles. L’excédent brut sur produit est stable depuis plus de quatre années avec un taux à 22 % pour la dernière année observée, et ne permet pas aux chefs d’entreprises d’avoir un revenu équivalent au moins à un SMIC annuel, seulement 5 400 € de prélèvements privés. On constate une baisse des capitaux propres et donc une augmentation du taux d’endettement (+ 5 points).

Centres équestres – ETP < 1 :

Pour cet échantillon de centres équestres avec un ETP inférieur à 1, représentant des activités souvent partagées avec un complément de revenu trouvé à l’extérieur de l’entreprise, on constate que les produits sont en hausse de 13 000 € entre les deux années, alors même que les pensions ont baissé de 5 000 €. Malgré une augmentation des charges de structures, l’excédent brut d’exploitation (EBE) est aussi en augmentation de plus de 5 000 € entre les deux exercices.
Ces chiffres viennent illustrer la stabilité des capitaux propres entre les deux exercices, assurant une très légère baisse du taux d’endettement de 1 point et permettant de rembourser les annuités et d’assurer un peu de prélèvements privés pour les gérants.

Centres équestres – ETP de 1 à 3 :

Pour les centres équestres avec deux ETP au total et 16 hectares de surface, ce groupe enregistre des produits de 118 000 € (en légère baisse), composés de pensions pour 37 400 €.
La stabilisation des charges opérationnelles à 29 000 € permet de faire passer l’EBE au dessus de la barre des 30 000 €, ce qui permet d’enregistrer une hausse de l’EBE sur produit de 4 points. Le résultat de l’exercice a plus que doublé entre les deux années.
Ce résultat qui est en augmentation permet de laisser de laisser une part de revenu correct pour les chefs d’entreprises. Il est à noter que les capitaux propres ont baissé de 16 000 € entre les deux années.

Centres équestres – ETP > 3 :

Pour les centres équestres présentant un ETP supérieur à 3, les produits de leçons d’équitation sont de 188 000 € (41 000 € par ETP) auxquels s’ajoutent 66 000 € de pensions.
Le quartile supérieur enregistre 443 000 € de produits au total, soit 151 000 € de plus que la moyenne du groupe. Les charges opérationnelles sont figées à 61 000 € alors que les autres charges sont en augmentation de 13 000 €. Nous constatons une baisse de l’EBE de 7 500 € pour la moyenne du groupe et par une augmentation de 11 384 € pour le quartile supérieur.
L’EBE de l’exercice permet de faire face aux annuités et aux prélèvements privés, seul groupe pour l’activité centres équestres à enregistrer des prélèvements de 12 000 € pour l’année.

Élevages galopeurs :

Les éleveurs et éleveuses de galop disposent d’une surface moyenne de 50 ha. Notre échantillon montre une hausse des produits principalement due à une amélioration de la commercialisation des chevaux soit + 3,6 %. La conjoncture nationale annonce des chiffres en léger recul ce que ne rencontrent pas nos professionnels observés pour cet observatoire.
L’ensemble des charges reste bien maîtrisé quelque soit leur nature (opérationnelles et externes) ce qui améliore sensiblement l’EBE (+ 28 %).
On note une atténuation entre l’EBE et le résultat d’exercice, celui-ci est consommé par une augmentation des amortissements. Le niveau d’amortissement est en augmentation significative de 22 %. Nous constatons une capitalisation importante au niveau des immobilisations avec une augmentation du taux endettement de 7 points soit un taux de 64 %. Les prélèvements privés restent stables. Il est remarqué une constante avec l’enjeu d’une bonne commercialisation des chevaux sur la rentabilité des entreprises pour les élevages de galopeurs.

Élevages chevaux de sport :

Le groupe est composé de 159 dossiers spécialisés en élevage de chevaux de sport dont les produits s’élèvent à 58 500 € soit 47 200 € par ETP. Ces élevages de chevaux de sport exploitent en moyenne une vingtaine d’hectares en employant 0,20 ETP. Les produits sont composés de 13 000 € de pensions et de 17 000 € de ventes de chevaux, pour trois chevaux vendus en moyenne.
Le total des charges est en augmentation, ce qui porte l’excédent brut d’exploitation à 2 200 € soit une augmentation par rapport à l’année N-1 de 2 300 €.
C’est la première fois depuis 3 ans que l’EBE est positif. Seul le quartile supérieur tire son épingle du jeu avec un EBE qui permet de rembourser les annuités.

Élevages trotteurs :

Le modèle de l’entreprise des élevages de trot reste basé sur un.e chef.fe d’exploitation aidé.e d’un emploi salarié à 70 %. L’ensemble des produits restent stable à l’exception des ventes de trotteurs. La quote part des gains de courses et des primes éleveurs est évaluée à 1/3 des produits. Les charges externes sont en hausse de 7 % sur un an.
Le ratio EBE/produit conserve un niveau élevé avec 35 %. Il est le taux le plus élevé de l’ensemble des professions présentées dans cet observatoire des activités de la filière équine. Le quartile supérieur frôle les 40 %.
La hausse de l’EBE a été consommée pour moitié par l’augmentation des annuités et des prélèvements privés.
La santé financière des entreprises ne s’améliore pas, le taux d’endettement est en hausse de 4 points.

Écuries pour l’entraînement publics de galop :

Notre échantillon moyen pour les écuries d’entrainement publics de galop est constitué d’une main d’oeuvre salariée de 8 personnes et d’un chef ou d’une cheffe d’entreprise.
La globalité des produits est en hausse 3,4 %. Ils sont constatés dans le niveau de facturation des pensions et les ventes de chevaux. Coté charges, elles augmentent qu’elles soient opérationnelles (+ 4,5 %) ou externes (+ 9,8 %). La main d’oeuvre salariée représente jusqu’à 45 % des charges de l’entreprise. Le niveau d’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) progresse sur l’ensemble de l’échantillon de 5 % et, à contrario le quartile supérieur décroit significativement de 13 %.
La santé financière reste le maillon faible avec un taux d’endettement de 132 % en augmentation par rapport à 2017. Les capitaux propres ont fortement diminué soit de moitié en comparaison sur les deux années. Le montant des retraits privés est en hausse. Au final, on peut remarquer que les structure d’entraînement de galop du quartile supérieur ont traversé une conjoncture moins favorable que l’ensemble de l’échantillon.

Écuries d’entraînement trot :

Pour cet échantillon d’écuries d’entraînement de trotteurs, ce sont quelques 155 entraîneurs et entraîneuses de chevaux trotteurs qui sont observés. Ces entreprises restent de petites tailles. Nous retrouvons un.e chef.fe d’entreprise aidé.e d’une personne salariée et demie. Le total des produits s’établit à 292 000 €. Ce chiffre n’a quasiment pas évolué d’une période à l’autre. Les gains de courses et les primes représentent 54 % du total des produits. Pour ce qui est du montant des pensions, elles augmentent de 27 %.
Coté charges, le poste « salaires » est le premier poste de dépenses, mais ne représente que 23 % de l’ensemble des charges. Le budget alimentation arrive en second rang soit 10 %. Le ratio EBE/produit moyen atteint 26 % et varie très peu d’un observatoire à l’autre. L’endettement global est en augmentation entre les deux années

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