Jour : 31 décembre 2016

Observatoire économique des activités d’entraînement de galop – 2016

Nous présentons pour la 5e année l’observatoire des activités d’entraînement publics de galop. Ce dernier est établi à partir d’un groupe de 65 dossiers présents sur deux années et issus des comptabilités du réseau Cerfrance par l’Atelier des études et références pour Equicer. Seuls sont traités pour ces travaux, les structures professionnelles de la région Parisienne, des Pays de Loire et de la Normandie.
L’échantillon moyen présente une surface d’un peu plus de 5 hectares, de 9 personnes salariées à temps plein et de 32 chevaux. Pour le quartile ayant le prix de revient le plus élevé la moyenne des chevaux par entreprise est de 46.

Deux parties sont développées dans cet observatoire spécial galop :

Partie 1 : Eléments économiques et financiers des activités d’entraînement de galop

Les produits sont composés de 26 % de gains de courses et de 61 % de pensions facturées pour 456 000 €.
Le total des charges est en baisse de 8 000 € entre les deux années dont 2 000 € pour les charges opérationnelles et 2600 € pour les charges extérieures.

Partie 2 : Eléments du prix de revient pour l’activité d’entraînement de galop

Les points clefs :

Premier constat :
Diminution du produit global de 0,70 % entre 2015 et 2014. Le quartile supérieur voit son produit augmenter de plus de 11 700 € soit une augmentation par ETP de 3 800 €.

Deuxième constat :
L’Excédent Brut d’exploitation progresse de 7 500 €. Le quartile supérieur augmente sa marge, son EBE et son résultat entre les deux années. La valeur ajoutée se fige à 419 000 € et le résultat d’exploitation augmente de 4 000 €.

Troisième constat :
Les entraîneurs et entraîneuses restent fortement endettés. La structure financière du groupe étudié est fragile avec 117 % de taux d’endettement soit + 5 points par rapport à l’année passée. Le quartile supérieur voit aussi sa situation se détériorer avec 9 points de plus en endettement.

Quatrième constat :
Le coût alimentaire semble être bien maîtrisé pour l’ensemble des entreprises (- 2 %). Par contre l’échantillon qui a le prix de revient le plus élevé progresse nettement + 5 %.

Cinquième constat :
Nous constatons une augmentation de la masse salariale entre 2014 et 2015 de 11,55 % pour le quartile ayant le prix de revient le plus élevé. Les charges fixes (foncier, assurances, énergie, frais de gestion…) sont mieux maîtrisées avec une diminution pour les 2 échantillons.
Au final, le prix de revient moyen de l’échantillon hors maréchalerie et frais vétérinaires évolue de 0,56 €/jour sur 12 mois. Quant à l’échantillon ayant le prix de revient le plus élevé, il progresse de 9 %.

Observatoire économique des activités équines – 2016

La rentabilité de l’entreprise doit être prise en compte pour éviter les mauvaises surprises !

L’édition 2016 est une année charnière pour l’observatoire économique des activités équines avec un traitement plus détaillé des données au niveau des produits et des charges opérationnelles. Nous prenons en compte pour EQUISTATS uniquement les dossiers classés “professionnels” avec un minimum de produits supérieurs à 50 000 € par entreprise ainsi que des critères de nombre de chevaux présents. Ils viennent affirmer les éléments statistiques. Ce qui nous permet d’exclure les dossiers “passion-plaisir” et ou “activité secondaire”. 

Les années se suivent et se ressemblent avec les centres équestres (ETP supérieurs à 3) qui enregistrent une baisse de leurs produits très forte sur le quartile supérieur. Les leçons d’équitation sont touchées par la baisse mais également les pensions facturées. En lien avec la baisse des produits, nous constatons une baisse de la main d’oeuvre employée. Les élevages de chevaux de sport accusent une baisse des ventes de chevaux. Ces derniers ont chuté de 8 % avec une diminution des produits de 7000 €. Nous constatons également une baisse des pensions facturées.

Concernant les élevages de trotteurs, les charges sont stables. Cette stabilité permet de constater une augmentation de l’EBE qui couvre les annuités, assure les prélèvements privés et laisse une place pour de l’autofinancement. L’excédent brut d’exploitation augmente pour les éleveurs de galopeurs. Il permet de faire face aux annuités. Le taux d’endettement est stable avec 38 %. La situation de trésorerie à court terme s’est améliorée.

Nous espérons que cette huitième édition, disponible en version papier et numérique, apporte un éclairage économique aux professionnels et professionnelles de la filière mais aussi aux porteurs et porteuses de projets. Cela permet ainsi de se rendre compte qu’au delà de la passion, la rentabilité de l’entreprise doit être prise en compte pour éviter les mauvaises surprises.

Merci à tous les collaborateurs et collaboratrices du réseau EQUICER qui ont participé à cette nouvelle édition.

LEXIQUE : ETP : Équivalent Temps Plein – SAU : Surface Agricole Utile – EBE : Excédent Brut d’Exploitation

Centres équestres – échantillon total :

Le groupe des centres équestres, dont l’analyse porte sur 200 dossiers, utilise une surface d’un peu plus de 17 hectares en faisant travailler une quinzaine de chevaux et avec 8 chevaux en pension.
Même si l’activité « leçons d’équitation » représente la plus grande part du chiffre d’affaires des centres équestres, les pensions représentent 28 % du total des produits. Ce dernier semble figé à 120 000 €. Le quartile supérieur accuse une baisse de 3 000 € de ses produits par rapport à n-1. Les dirigeants et dirigeantes de centres équestres gèrent au mieux les charges afin de maintenir l’excédent brut d’exploitation à 30 000 €. Cela permet de rembourser les annuités (13 000 €) et d’assurer des prélèvements privés pour 5 600 €. Même si la situation de trésorerie est tendue, le taux d’endettement reste à 56 %.

Centres équestres – ETP < 1 :

Avec 60 000 € de produits les centres équestres ayant un ETP inférieur à 1 enregistrent une augmentation des produits de 2 000 €, augmentation liée aux leçons d’équitation sur une surface d’un peu plus de 10 hectares. Les charges externes sont en légère augmentation ainsi que les frais de main d’oeuvre alors que les autres postes de charges sont maîtrisés.
Même si l’excédent brut d’exploitation permet de rembourser les annuités, il ne permet pas d’assurer un revenu pour les dirigeants et dirigeantes qui doivent compléter avec des revenus extérieurs, travail du conjoint et activité annexe pour assurer leurs prélèvements privés.
Ce groupe dispose d’une meilleure situation de trésorerie que le groupe principal “Centres équestres”, même si le taux d’endettement est plus élevé (61 %) pour la moyenne du groupe et 69 % pour le quartile supérieur.

Centres équestres – ETP 1 à 3 :

Installés sur à peine 18 hectares, ce groupe de centres équestres avec un ETP compris entre 1 et 3, représente 115 dossiers, enregistre 114 000 € de produits. La différence des produits par ETP est importante entre la moyenne du groupe et le quartile supérieur puisque les 25 meilleurs réalisent 25 000 € de produits supplémentaires. L’augmentation des pensions reçues permet de relever l’excédent brut des entreprises qui accusent par ailleurs une baisse des leçons d’équitation facturées.
Avec une gestion plus serrée des charges engagées, le résultat d’exploitation est multiplié par deux entre 2014 et 2015 même si il reste à un niveau très faible de 6 600 €.
Les situations de trésorerie sont tendues : augmentation des prêts et des encours bancaires. Le taux d’endettement est à surveiller car il augmente de 2 points.

Centres équestres – ETP > 3 :

Souvent installés en périphérie urbaine, les centres équestres dont les ETP sont en moyenne de 4,7 enregistrent une baisse de leurs produits très forte sur le quartile supérieur (28 000 €) d’une part avec les leçons d’équitation, mais également sur les pensions facturées. En lien avec la baisse des produits, nous constatons une baisse de la main d’oeuvre employée et donc des
charges liées à ce poste. Cela permet de limiter le manque de rentabilité et de maintenir un produit par ETP à un peu plus de 58 000 €.
Les charges sont stables poste par poste. Cette stabilité permet le maintien de l’excédent brut à un peu moins de 68 000 €, le remboursement des annuités (stables entre les deux exercices) et l’augmentation des prélèvements privés. La trésorerie s’est dégradée. Le taux d’endettement a augmenté de 2 points.

Élevages galopeurs :

Le groupe des élevages de galop, installé sur un peu moins de 50 hectares, enregistre entre les deux années une augmentation de 50 000 € des produits. Les ventes de chevaux représentent à elles seules un tiers des produits avec une moyenne de 13 000 € pour les chevaux en stock commercialisés (hors chevaux immobilisés). Le quartile supérieur réalise en moyenne une augmentation de ses produits de 140 000 € entre les deux années. Les charges sont stables même si les frais vétérinaires et les frais d’élevage augmentent légèrement.
L’excédent brut augmente de 36 000 €. Il permet de faire face aux annuités de 24 500 € et ainsi assurer des prélèvements privés pour les éleveurs et éleveuse de galop de 34 000 €.
Le taux d’endettement est stable avec 38 %. La situation de trésorerie à court terme s’est améliorée de 20 000 €. Les créances, ajoutées aux disponibilités bancaires, permettent de faire face aux dettes à court terme.

Élevages chevaux de sport :

Pour cet échantillon de 100 dossiers d’élevages de chevaux de sport qui exploitent à peine une trentaine d’hectares et qui emploient très peu de main d’oeuvre, les produits sont figés à hauteur de 74 000 €. Ils sont en baisse pour le quartile supérieur. Les ventes de chevaux ont chuté de 8 % pour une diminution en produits de 7 000 €. Nous constatons également une baisse des pensions facturées de 5 000 € en moyenne. L’EBE sur produit est très faible puisqu’il reste bloqué à 12 % du total des produits et ne couvre pas les annuités engagées.
Nous enregistrons également une augmentation des emprunts ainsi que des encours bancaires. Les capitaux propres diminuent entre 2014 et 2015. Même si les charges semblent maîtrisées, les élevages de chevaux de sport subissent de plein fouet un marché tendu et une valorisation en dessous des coûts de production des chevaux élevés. Les éleveurs et éleveuses de chevaux de sport vont puiser dans leurs réserves pour assurer leurs besoins privés et bloquer le taux d’endettement à 40 %.

Élevages trotteurs :

Les élevages de trotteurs disposent plutôt de chevaux immobilisés (poulinières, étalons…) soit plus de 80 % des chevaux en propriété sur les élevages. Les produits sont en augmentation de 7 000 € entre les deux années. Ils sont composés de 22 % de ventes de saillies, 22 % également de ventes de chevaux, soit 11 500 € en moyenne par cheval vendu toutes catégories confondues et 29 % des produits sont tirés de pensions facturées. Il est à noter que le prix moyen enregistré en 2015 sur les trotteurs vendus aux enchères est de 10 400 €.
L’EBE sur produits est stabilisé à 31 %. Nous constatons pour ce groupe d’élevage de trotteurs, contrairement à la moyenne nationale, une augmentation du prix moyen des chevaux commercialisés.
Les ventes de productions végétales liées à cette activité ne représentent que 12 % des produits.
Les charges sont stables. Cela permet de constater une augmentation de l’EBE qui couvre les annuités, assure les prélèvements privés et laisse une place pour de l’autofinancement. La trésorerie s’améliore. Les capitaux propres augmentent pour ce groupe ainsi que pour le quartile supérieur.

Activités d’entraînement publics de galop :

Avec 9 personnes salariées en moyenne, les activités d’entraînement de galop prennent en pension un peu plus de 23 chevaux pour réaliser un chiffre d’affaires stabilisé à 775 000 € contre 1 810 000 € pour le quartile supérieur. 45 % des produits sont des pensions d’entraînement, 23 % de gains de courses et 13 % pour le pourcentage entraîneur. Les produits par ETP représentent un peu moins de 77 000 € pour le groupe retenu pour cet observatoire. La marge globale est stable entre les deux exercices. L’excédent brut a augmenté de 10 000 € entre 2014 et 2015.
Les charges opérationnelles sont stables entre les deux exercices avec 32 % de charges « achats d’aliments » et 26 % de frais d’élevage. Les frais vétérinaires représentent 19 % des charges opérationnelles. Les charges de main d’oeuvre représentent un total de 300 000 €, poste stable sur les deux années. Même si l’excédent brut peut sembler important en euros, il ne représente que 14 % des produits. 27 % de l’EBE servent au remboursement des annuités. Les activités d’entraînement de galop ont une mauvaise situation financière avec un taux d’endettement qui augmente de 5 points pour arriver à 117 %.

Activités d’entraînement trot :

140 dossiers retenus pour cette analyse économique des activités d’entraînement de trot réalisent 283 000 € de produits : une exploitation de 24 hectares, une personne salariée et demie, un peu moins de 8 chevaux pris en pension et 6 chevaux en propriété. Le quartile supérieur réalise cependant 34 000 € de produits par ETP de plus que la moyenne du groupe. Il est à noter que 55 % des produits sont des gains de courses.
L’excédent brut augmente peu entre les deux années. Il dépasse à peine les 83 000 €. L’EBE sur produit est de 29 % pour la moyenne du groupe et seulement de trois points de plus (32 %) pour le quartile supérieur. Les charges opérationnelles et les charges de main d’oeuvre n’ont pas varié entre les deux années. Seules les charges externes ont augmenté par rapport aux produits. Les activités d’entraînement de trot remboursent en moyenne 29 000 € d’annuités. Elles peuvent assurer leurs prélèvements privés. Les taux d’endettement sont stables pour les deux groupes étudiés.